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Garçon ou fille ?
Enquête sur les expressions genrées en 5D

Dans le cadre du cours d' EMC sur les discriminations, les élèves de 5D ont répondu à une enquête visant à faire le point sur leur perception de 15 expressions traditionnellement genrées (que l'on attribue plutôt aux filles ou aux garçons). Pour chaque expression, ils devaient dire si, pour eux, celle-ci correspondaient plutôt aux filles, plutôt aux garçons ou indifféremment aux deux.

SOMMAIRE (cliquez sur la partie qui vous intéresse) :

1. Méthodologie.

2. Résultats.

3. Conclusions.

A) Les expressions genrées "filles" en 5D.

B) Les expressions genrées "garçons" en 5D.

C) Les inégalités hommes-femmes en France.

1. Méthodologie

L'enquête a été réalisée entre le 17 et le 26 mars 2026 auprès des 30 élèves de 5D du collège Val d'Argent (Sainte-Foy-l'Argentière - 69) via l'ENT Pronote.

La classes compte, en tout, 14 filles et 15 garçons (un garçon n'a pas répondu).

Après avoir recensé les résultats pour chaque expression, trois calculs ont été effectués :

  • le nombre et la proportion d'élèves pour 8 expressions traditionnellement genrées "filles" ;

  • le nombre et la proportion d'élèves pour 7 expressions traditionnellement genrées "garçons" ;

  • le bilan des élèves accordant un genre et ceux n'accordant pas de genre à ces expressions.

Les résultats de cette enquête ont été présentés et commentés en classe le 27 avril 2026.

1 Methodologie

2. Résultats

2 Resultats

3. Conclusions

Nous avons pris 8 expressions traditionnellement genrées « filles ». Les résultats montrent qu'on peut les répartir dans 3 groupes :

  • 3 expressions sont encore fortement genrée "filles" : "Avoir une belle écriture", "Faire accoucher une femme" et "Faire de la danse".

  • 2 expressions voient une majorité de « pour les deux » mais restent genrées « filles » : "Jouer à la poupée" et "Faire le ménage".

  • 3 expressions ne sont plus du tout genrées filles : "Élever ses enfants", "Lire un livre" et "Couleur rose".

 

Ces résultats sont très différents de l'an dernier. Cela peut s'expliquer par le nombre d'élèves interrogés (29 contre 75), sachant qu'un faible nombre de personnes interrogées change beaucoup les pourcentages. Par exemple, "Jouer à la poupée" est, cette année, moyennement genré contrairement aux années précédentes, mais ce n'est pas forcément le signe d'une évolution. En effet, on peut relevait jusqu'à présent un paradoxe fortement ancré dans la société : les élèves considéraient que « Jouer à la poupée », c'était encore plutôt pour les filles, mais que « Élever ses enfants » relèvait des deux, les poupons ayant été inventés d'abord pour que les petites filles s'exercent à leur futur "métier" de mère. Au vu des évolutions sociales en cours, il serait légitime, si on donne toujours au poupon la même fonction, que les garçons puissent y jouer aussi, dans le but de "s'exercer à leur futur métier de père".

 

Autre conclusion que l'on peut tirer de cette enquête, les expressions traditionnellement féminines le restent encore un peu dans les esprits, même si la tendance est à l'évolution vers « les deux » plutôt qu'un basculement vers le genre « garçon ».

3 Conclusions

A) Les expressions genrées "filles" en 5D

A Expressions filles

B) Les expressions genrées "garçons" en 5D

Nous avons pris 7 expressions traditionnellement genrées « filles ». Les résultats montrent qu'on peut les répartir dans 3 groupes :

  • 1 expression reste fortement genrée « garçons » : "Se battre".

  • 3 expressions ont une forte majorité de « pour les deux » mais des traces de genre « garçons » subsistent : "Faire du foot", "Diriger une entreprise" et "Faire des études scientifiques".

  • 3 expressions sont faiblement genrées, avec une majorité de « pour les deux » : "Couleur rouge", "Bien conduire une voiture" et "Avoir un salaire élevé".

 

Ainsi, les expressions traditionnellement masculines apparaissent moins marquées que pour les filles, même si le nombre d'élèves interrogés est plus petit. Les résultats sont conformes avec les évolutions sociales, même s'il reste des traces de genre, comme dans la société : le football féminin est moins médiatisé que le masculin, ainsi que celle de l’homme dirigeant des entreprises (par exemple, on ne compte plus aucune femme patronne parmi les dirigeants du CAC 40). Nouveauté de cette année, les élèves ont intégré l'idée d'une égalité salariale ; à voir si cela se confirme les prochaines années.

B Expressions garcons

C) Les inégalités hommes-femmes en France

Cette enquête a étudié les inégalités hommes-femmes dans 4 domaines :

  • La société.

 

Dans la société, la perception de la famille est de moins en moins genrée. Les enfants sont élevés par les deux parents contrairement à la famille traditionnelle où ce rôle revenait essentiellement aux femmes. Les femmes étant de plus en plus intégrées dans la vie active, apparaît l'obligation d’un partage des tâches dans les familles (ménage, enfants, etc.), même s'il y a perpétuation de la « double journée » et de la « charge mentale » de la famille pour les femmes comme le montre le graphique suivant :

(source : https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/03/07/les-inegalites-hommes-femmes-en-12-chiffres-et-6-graphiques_5090765_4355770.html)

 

Autre exemple dans le domaine de la société : les jeux. Ceux-ci sont encore genrés, malgré les évolutions. On peut ici incriminer le rôle de la publicité papier et télévisée qui renforce les stéréotypes garçons-filles. En classe, nous avons comparé deux publicités de jouets pour Noël :

(Source : King Jouet, catalogue, décembre 2012)

​​​​(Source : Super U, publicité, décembre 2015)

On constate que le catalogue King Jouet de 2012, comme d'autres, utilise un fond rose pour les jouets "de filles" et bleu pour ceux "de garçons". De plus, les jouets présentés (cuisinières et caisses enregistreuses) incitent les petites filles à "tout faire comme maman". Ce catalogue a été épinglé par la presse à sa sortie comme favorisant les stéréotypes de genre (Le Monde).

A contrario, la pub Super U joue sur la vague anti-sexisme des semaines avant Noël en sortant un catalogue où "jouets pour filles" et "jouets pour garçons" sont mélangés. C'est ce catalogue que met en avant la pub, saluée par la presse et les organisations féministes à sa sortie comme luttant contre les stéréotypes de genre.

Nous avons ensuite élargi notre étude à des publicités dans d'autres domaines que les jouets, où les stéréotypes de genre apparaissent :

 

- Dans l'Histoire :

 

(Source : Moulinex, publicité, années 1960)

 

Cette publicité cantonne la femme dans le rôle social qui lui est attribué encore en cette milieu de XXème siècle : la maison. En effet, elle sous-entend que l'homme, qui travaille et amène un salaire au foyer, peut offrir de quoi alléger la tâche ménagère de sa femme en lui offrant du matériel électro-ménager. Conforme aux stéréotypes sociaux acceptés à l'époque, cette publicité n'a guère choqué que quelques mouvements féministes.

- Aujourd'hui :

(Source : Sixt, publicité internet, 2015)

 

Dans cette publicité, l'entreprise utilise l'humour sexiste jouant sur la mauvaise conduite supposée des femmes, que ce soit dans le slogan ou dans la photographie, tirée des réseaux sociaux. Au contraire des années 1960, cette publicité a soulevé un tollé dans la société, conduisant l'entreprise à présenter ses excuses (ici).

1 Tâches ménagères.png
2 King Jouet.jpg
3 Moulinex.jpg
4 Sixt.jpg
C Inegalites France
Societe
  • Les études.

 

Les inégalités hommes-femmes se retrouvent également dans l'orientation choisie après la 3ème, après la 2nde ou après le bac. On constate que les filles s'orientent plutôt dans les filières littéraires tandis que les garçons choisissent plutôt les filières scientifiques.

Ainsi, en 2025, on compte 90% de garçons en STI2D, tandis que les classes de ST2S compte 84% de filles. Dans la voie générale, on retrouve ces inégalités dans les choix d'enseignements de spécialité. Ainsi, parmi les élèves ayant choisi le duo Humanités Littérature et Philosophie-LLCER (Langues, Littératures et Cultures Étrangères et Régionales) ou le duo LLCER-SES, une majorité sont des filles (respectivement 86% et 69%). A l'inverse, les duos Mathématiques-Sciences de l'Ingénieur ou Mathématiques-Physique-Chimie sont plébiscités par les garçons (85% et 62%). Tous ces taux ont tendance à diminuer, mais cela se fait très lentement.

 

Ces inégalités se prolongent à l'université. Ainsi, dans les classes préparatoires aux grandes études, les filles représentent près des trois quarts des étudiants dans les prépas littéraires et un tiers dans les prépas scientifiques. On retrouve plus de deux tiers de filles dans les facs de Lettres et Sciences Humaines et un peu moins de deux tiers de garçons dans les facs de Sciences et en STAPS.

(Source : https://www.education.gouv.fr/media/112616/download)

Alors que des progrès avaient été réalisés durant les dernières années, avec des incitations payantes pour que les filles choisissent davantage les filières scientifiques, la suppression des Mathématiques du tronc commun en 1ère et Terminale a eu pour conséquence un retour en arrière : dans leurs choix d'enseignement de spécialités, les filles prenaient beaucoup moins ceux qui avaient trait aux sciences. C'est l'une des raisons qui ont poussé le gouvernement à restaurer les Mathématiques dans le tronc commun dès la rentrée 2022.

Etudes
  • Les loisirs.

 

Les sports masculins sont plus médiatisés que sports féminins (football, rugby, basket, cyclisme) sauf pour les sports traditionnellement vus comme féminins (gymnastique, patinage artistique, danse). On note toutefois quelques exceptions : tennis, natation, athlétisme, ski. Cette tendance est toutefois contredite au regard de l'actualité sportive. Par exemple, la coupe du monde handball féminin, qui se déroulait en France en 2018 et qui a vu l'équipe de France féminine l'emporter, a été particulièrement médiatisée. Pourtant, les salaires des sportives sont bien inférieurs à ceux des sportifs, tous sports confondus.

En outre, certaines couleurs sont encore genrées dans l’imaginaire collectif (bleu pour les garçons / rose pour les filles). On retrouve ceci dans les vêtements, notamment ceux à destination des plus jeunes enfants, ou le fond des catalogues de jouets. Le rouge, quant à lui, est traditionnellement associé à la guerre ou au combat social (communisme, syndicalisme), vus comme des valeurs masculines. Mais là aussi, la tendance est à la parité avec la diminution de ces valeurs dans la société.

Loisirs
  • L'économie.

 

En lien avec les études, les choix de carrières restent genrés. Par exemple, dans l’Éducation Nationale, en 2024, on retrouve une majorité d’institutrices (87%) et d'enseignantes dans le Secondaire (60%) tandis que les hommes sont majoritaires dans le supérieur (60%) et aux postes d'encadrement supérieur dans le secondaire (près de 60%). Ces taux restent stables depuis plusieurs années.

(Source : https://rers.depp.education.fr/data/2024/RERS.pdf)

 

Dans les conseils d’administration des grandes entreprises, on trouve encore peu de femmes. Ainsi, parmi les chefs d'entreprises du CAC 40 (les 40 plus grandes entreprises cotées en bourse à Paris), on ne trouve que quatre femmes : Hinda Gharbi (Bureau Veritas), Catherine MacGregor (Engie), Christel Heydemann (Orange) et Estelle Brachlianoff (Veolia).

De plus, les femmes sont en moyenne payées 24,5% de moins que les hommes. Cela s'explique parce qu'elles sont davantage en temps partiel subi (à temps de travail égal, cet écart est de 14%) et par les coups d’arrêt dans les carrières féminines pour cause de maternité. C'est dans ce sens que le congé maternité a été changé en congé parental, ouvert aux hommes, en 2015. Ainsi, à temps de travail et métiers équivalents, l'écart salarial est de 4%.

(Source : Observatoire des Inégalités, https://www.inegalites.fr/femmes-hommes-salaires-inegalites)

Economie
  • Un domaine non abordé dans l'enquête des 5D : la politique.

 

Les inégalités hommes-femmes touchent également le personnel politique et notamment les élus. En effet, depuis 2022, seules 19 femmes sont présidentes de conseils départementaux (18,8%) et 6 présidents de Région sur 18 sont des femmes, tandis que 23% des maires (mais 48,2% des conseillers municipaux), 37,3% des députés et 35,1% des sénateurs sont des femmes. Seules deux femmes sont parvenues au second tour d’une élection présidentielle (Ségolène Royal en 2007, Marine Le Pen en 2017 et en 2022).

Pourtant, la loi de 2000 sur la parité impose de présenter autant de femmes que d'hommes aux élections, sous peine de sanctions financières. Dans les faits, cette loi est peu respectée. En effet, aux élections législatives de 2022, le parti Les Républicains a présenté 35,8% de femmes et les régionalistes 43,1%. Ainsi, en 2022, seuls 4 partis présentent presque autant de femmes que d’hommes : le Rassemblement National (49,4%), la NUPES (49,3%), Reconquête (49,2%) et Ensemble (Majorité Présidentielle) (48,2%).

 

Au niveau local, le scrutin paritaire est imposé depuis 2025 pour les petites communes. Cela a permis d'accroître la proportion de conseillères municipales (48,2% en 2026) mais ne corrige pas la proportion de femmes maires (32% en 2026 contre 30% en 2020).

Politique

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